Affichage des articles dont le libellé est Menhir du Flat. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est Menhir du Flat. Afficher tous les articles

dimanche 28 août 2011

Qui s'y frotte s'y pique

Un intéressant échange sur notre forum, à propos du menhir du Flat, nous conduit à ce petit chapitre, annoncé sous un titre pouvant sembler insolite.
En effet, la discussion conduit les interlocuteurs à ouvrir une réflexion sur l’origine du mégalithe : est-il à cet emplacement, et dressé, de manière naturelle… ou a-t-il été apporté et érigé par la main de l’homme ?
Plusieurs hypothèses se confrontent et nous apportons notre réflexion sur ce sujet sous cette forme, car cette question peut intéresser un plus large public que celui, plus réduit, des forums, pas toujours suivis par nos visiteurs.
Voyons d’abord l’hypothèse d’un mégalithe à l’état naturel dans sa forme et sa provenance et qui ne devrait rien à la main de homme.
Il s’agirait de remarques et constats faits par ‘des archéologues et un docteur en géologie’. Pour ce dernier, surtout, il serait question d’une ‘aiguille’ de granit, émergeant du socle rocheux, totalement naturelle. Les archéologues, plus prudents, penchent pour l’hypothèse que cette ‘aiguille’ a été taillée… sans que nous sachions s’ils pensent que ce mégalithe est entièrement naturel dans sa place et son érection à cet endroit ou s’il a été retaillé depuis un bloc rocheux en place naturellement.
Pour répondre à ce commentaire, voyons d’abord une observation dans le domaine de la géologie. Renseignement pris, il faut être chevronné ou bien ‘léger’ pour avancer, à vue d’œil, sans autre expertise, une telle affirmation. Si nous nous référons simplement à l’encyclopédie Quillet, ou le moindre ouvrage sur le monde minéral, nous trouvons plusieurs catégories de granit très proches, dont certaines sont difficiles, sans analyse, à distinguer les unes des autres. Ce ne serait pas très important si justement une des catégories pouvait donner naissance à une grande ‘aiguille’… et l’autre pas ! Une chance sur deux… Mais il est encore possible que notre docteur soit un virtuose dans son art et puisse reconnaître le granit en question. De plus, ce genre de ‘manifestation’ géologique des ‘aiguilles de granit’ se produit si rarement de manière isolée qu’on peut pratiquement affirmer l’impossibilité. Lorsqu’il s’agit d’aiguilles… elles se présentent carrément en un amoncellement gigantesque (voir la photo sur le Quillet 1975-page 2948)… Admettons qu’au Flat nous sommes loin d’une telle manifestation gigantesque. Cependant, supposons que nous soyons ici devant l’exception confirmant la règle… Alors, pour ne rien négliger, nous nous sommes renseignés auprès d’un ingénieur d’exploitation de carrière dans la région languedocienne. Il nous a expliqué une vérification très simple à faire sur site. Le mot ‘granit’ vient de grain. Ces grains (nous abandonnerons les termes scientifiques) ont une grosseur et une couleur typiques selon leur site natif (vert, blanc pourpre, bleu…). Ces ‘graines’ sont placées selon le sens d’une veine générale… qui doit obligatoirement se trouver ‘orientée’ tant sur le socle que sur le menhir si celui-ci est sur sa souche. A la connaissance de ce technicien, il n’a jamais vu ou entendu parler d’une ‘aiguille’ de cette taille existant en un seul exemplaire… Pour lui, ce serait précisément incroyable géologiquement, surtout pour un ‘fût’ aussi réduit que celui du Flat. Il semblerait qu’une pièce de ce calibre aurait forcément ‘claqué’ à sa formation… et se serait effondrée aussitôt (comme dans les amoncellements)… Mais admettons encore une querelle d’école ou de professionnels, qui personnellement nous échapperait.
Il reste maintenant ce second monolithe couché dans un épais fourré en contre bas du plateau du Flat, sur le versant du côté des mines à ciel ouvert. Il avait été mis à jour par un feu, s’étant déclaré sur la décharge municipale (qui défigurait d’ailleurs le site), et qui s’était vite propagé dans des ronciers trop secs cet été là… Nous étions, là, face à un bloc de même encombrement (à peu près) qui se trouve malheureusement sur une veine géologique différente du sommet. Ce bloc rocheux était-il en cours de transport ? Peut-être est-il tombé du socle du premier mégalithe ? Sans se briser au moins en deux c’est très improbable… Ce vestige est toujours à son emplacement ; cependant, il est difficile de souhaiter un nouveau feu pour le retrouver à nouveau !
Encore un détail. Lors de nos recherches depuis le site du Flat, mais à une époque où personne n’y venait sauf nous, nous avions fait une visée circulaire. Depuis celle-ci, nous repérions deux sites. L’un des lieux, au nord, est quasiment au niveau visuel du Flat, et l’autre, à l’ouest, nettement plus élevé. Le premier site étant dévasté, il avait visiblement servi de ‘carrière’ au fil des siècles et ne contient plus que quelques petites ‘glissières’ et trois ou quatre cupules… Très éloigné des chemins et totalement oublié, sans doute en raison d’impénétrables fourrés, le second site conserve d’autres petits vestiges et son ‘mégalithe’, assez incliné déjà à cette époque. Le problème est qu’à cet autre endroit… le granit n’affleure pas la surface de la terre et supprime ainsi toute chance d’être le berceau d’une aiguille granitique ! C’est à la demande d’une personne du ‘Parc Naturel Régional du Pilat’ que nous n’avons jamais donné la situation de ce site, afin qu’il ne soit ni pillé ni dévasté. L’ensemble de ces trois sites fait que du Flat on voit les deux autres en amont et en aval. Si ces détails sont le fruit de la nature, nous ne pouvons qu’en rester admiratifs. En fin de compte, nous nous trouvons peut-être là sur des ‘aiguilles’ toutes tombées d’une pelote d’un Gargantua de passage…
Cette joute pourrait durer aussi longtemps que celle du sexe des anges qui, en la matière, reste le cadet de nos soucis. Et, comme pour l’aspect ‘angélique’, nous ne retiendrons que ce qui est important : l’ange, et… le fait que, transporté ou surgi naturellement ici, le monolithe ait été très vite un lieu vénéré par nos premiers ancêtres ! En effet, qui peut nous dire ce qu’il y aurait de plus admirable sur ce lieu : un rocher natif… ou un mégalithe devenu le point focal d’un culte oublié ?
De plus, nous pourrions aller encore plus loin dans cette considération. Si, géologiquement, le menhir du Flat est une ‘aiguille’ entièrement naturelle prolongeant son socle natif, l’effet sur les premiers hommes ne pouvait qu’en être plus remarquable et… sacré… Ils ne pouvaient alors que supposer ici un signe magique et merveilleux à leur intention… D’une manière ou d’une autre, le culte pouvait se faire ici et les morts être ensevelis dans la périphérie sacrée de la seconde enceinte.
Nous apporterons encore un détail concernant le menhir. Il y a près de quarante ans, l’ancienne municipalité s’inquiétait du fait que le menhir présente un tassement au pied d’une de ces faces. On disait alors qu’ici quelqu’un avait tenté de faire un trou en cherchant l’accès vers un trésor ou la sortie des mines romaines locales… dissimulées sous le menhir. L’affaissement prononcé s’approfondissant encore, il fut décidé de tasser des cailloux dans ce nouveau vide. C’était l’époque où il était toujours de coutume, à un certain moment de l’année, de monter au sommet du mégalithe, les garçons restant debout et les filles s’asseyant dessus. La cavité pouvait déstabiliser le monolithe et finir par le faire vaciller au risque d’écraser quelqu’un. D’où provenait cet effondrement ?… à cet endroit il était alors possible d’enfoncer une tige métallique et ne pas sentir de résistance notoire… comme dans une terre meuble ou une faille. Enfin, nous avons eu l’occasion d’assister à une sorte de manifestation près du menhir, durant laquelle eut lieu une expérience saugrenue. Une dizaine d’hommes disposés sur deux côtés opposés du rocher le poussèrent d’un côté à l’autre par saccades. Au bout de plusieurs tractions violentes mais solidement rythmées, le mégalithe eut un ou deux soubresauts très nets… il bougeait sur sa base ! Cette ‘démonstration’, très contestable, eut cependant le mérite de montrer que le menhir, oscillant sur sa base, n’était en rien solidaire d’un socle quelconque. Il était bel et bien ‘posé’ comme le sont ses frères menhirs de Carnac, en Bretagne.
Il reste qu’indéniablement l’homme fit de cet endroit un lieu magique et rituel où il ensevelit plusieurs de ces semblables. Après tout… n’est-ce pas ceci qui compte le plus ?
Quant à l’avis de certains… scientifiques en matière d’archéologie, il est peut-être utile de rappeler les ennuis d’un certain monsieur Fradin. En défrichant un terrain, il met à jour les vestiges d’une civilisation inconnue qui pouvait révolutionner l’histoire de l’écriture. Horreur !!!... s’écrièrent les savants, ne pouvant supporter qu’un ‘paysan’ sans connaissance puisse se réclamer ‘inventeur’ d’un tel site. Ce fut le signal de la ruée sur le pauvre Fradin qui fut roulé dans l’infamie et accusé d’être menteur, mythomane, farceur, fou furieux et même faussaire… Car comment, pour messieurs les doctes savants, expliquer autrement ce que notre homme affirmait avoir trouvé le plus naturellement possible. Ensuite, ce fut la déferlante des experts criant aux fausses pièces archéologiques, alors qu’il fut prouvé ensuite que l’un d’entre eux avait ‘salé’ le site de fausses poteries ! Fradin ployait sous la honte et les sarcasmes. Oui… mais voici qu’il y a environ 4 ans, un autre site, un autre… Glozel, fut mis à jour, hélas par un savant archéologue. Malgré le silence embarrassé du ‘milieu’, ce fut la consternation dans les chaumières de messieurs les doctes accusateurs du pauvre Fradin… Une déclaration eut lieu en public, en 2005, à Paris, montrant la véracité des faits : il s’agissait de la découverte des mêmes pièces que celles trouvées à Glozel ! C’est alors face à un parterre scientifique, ne se décidant toujours pas en s’empourprer le front du rouge de la honte, que le brave monsieur Emile Fradin fut enfin lavé de tous les soupçons et calomnies dont il avait été la cible… Glozel, ‘son’ Glozel était reconnu authentique !
Mais restons chauvins au moment de revenir à notre cher Pilat. C’est lors de l’arrachage d’arbres énormes que naquit cette anecdote. Nous sommes en un lieu appelé ‘Champ des fustes’. Les profondes racines viennent de remonter avec elles des vestiges laissant deviner, entre d’énormes pierres encore dressées, des ossements et des tessons de poteries. Arrive immédiatement un certain monsieur Déchelette, docte archéologue s’il en est un. Il déclare froidement que ces ‘cailloux’ ne sont rien d‘autres… qu’un vulgaire ‘empierrement contemporain’ !... Puis, hautain, il s’en va, en emportant, dans un sac, les ossements et tessons… en précisant que d’ailleurs il n’y avait ni vestiges ni mobiliers dans ce ‘trou’. Ce fut ‘un rude coup pour la fanfare’ quand on sut que le garde champêtre communal, grand amateur des premiers appareils photographiques, avait eu le temps d’immortaliser pour la postérité cette mise à jour, sur de nostalgiques clichés aujourd’hui bien poussiéreux. Et le docte scientifique ? Et bien, il continua à rédiger paisiblement des ouvrages qui font encore référence et autorité aujourd’hui… des traités restant à jamais les bibles vénérées pour des générations d’archéologues qui en font leur livre de chevet. Mais, dans ces ‘doctes bibles’, combien ‘d’empierrements contemporains’ minutieusement cités servirent de lugubres cimetières à on ne sait combien de ‘Champs des Fustes’ ??? Et qui peut dire le sort réservé au Menhir du Flat, le jour où d’autres scientifiques viendront l’éclairer de leur… science? Deviendra t’il un autre empierrement contemporain ? N’aura t’il alors plus rien de son… ‘piquant’? Qui peut le dire ???...
 

le Menhir du Flat partie 2

le Menhir du Flat


Visage menhir du Flat
Le menhir du Flat est un site d’accès aisé, proche de la route et du village de Colombier. Son état, dans l’ensemble, est satisfaisant, au point qu’il est encore possible d’imaginer ce que pouvait être ce lieu à son origine… sans pour autant, hélas, pouvoir définir sa véritable utilité primaire. Ce dernier aspect est toujours d’une approche délicate, tant les théories sont divergentes sur le ‘pourquoi’ mégalithique.
Ce site est également intéressant par le fait qu’il détient le seul menhir reconnu par les autorités du Pilat, sans toutefois que ces dernières ne daignent lui accorder l’intérêt d’une étude plus approfondie.
Peu d’écrits existent, pour ne pas dire aucun, sur ce vestige mégalithique, de la part des grands auteurs anciens. Il faut attendre l’arrivée de jean Combe avec, en 1965, son ‘HISTOIRE DU MONT PILAT - Des temps perdus au XVIIe siècle’, pour commencer à savoir l’existence du site. Cet auteur, novateur contesté (comme le veut la tradition) par les ‘ténors’ experts en « je sais tout … mais je ne sais pas quoi dire», consacre quelques lignes et une belle illustration à ce témoin du passé. Il ajoute aussi sa surprise du fait que messieurs Pierre Gras et Louis Dugas, alors spécialistes en ‘études mégalithiques du Pilat’, n’aient pas accordé la moindre attention à ce site. On trouve plus tard les écrits de Patrick Berlier, remarquables sur le sujet.
Légendes pour un menhir
Concernant le monolithe, plusieurs légendes en sont nées. Il y est forcément question d’interventions merveilleuses ou terrifiantes.
On trouve pêle-mêle le menhir sous la forme d’un caillou (dans sa chaussure) blessant Gargantua arpentant la région… Puis le récit d’une créature ébauchée par le démiurge (lui-même) pour l’un, par un magicien pour l’autre, et dont les traits frustres n’auraient pas été acceptés… cette créature semblant guère docile aux ordres de son créateur… elle finit tristement pétrifiée sur le lieu de l’ébauche. On nous a également assuré qu’avec beaucoup d’attention on entend, contre le mégalithe, son cœur battre ou ses larmes couler (eaux souterraines ?). Sur ce registre, nous avons également une sentinelle, placée là pour veiller sur un trésor (une chèvre d’or avec d’immenses cornes enroulées!), dont les maîtres oublièrent jusqu’à l’existence et qui, disciplinée à l’extrême, fut foudroyée et réduite en pierre au lieu de fuir l’orage du déluge ! Enfin nous avons un récit peut-être plus proche partiellement de la réalité. Cette aventure se serait déroulée au début du siècle dernier. Un journalier agricole, apercevant une sorte de tanière au pied du mégalithe, lance un caillou à l’intérieur. Ce dernier n’en finissant plus de tomber en heurtant les parois, l’homme suppose une profonde cavité que sa curiosité pousse à agrandir. Il se met d’autant plus à l’œuvre qu’il connaît la rumeur qui fait du menhir du Flat la fermeture d’une issue des mines d’or romaines dont les accès étaient dans le vallon est du site. L’homme, maintenant armé d’une longue barre, sonde le trou et l’outil semble lui glisser des mains, happé par l’obscurité souterraine. Il s’en retourne au village pour conter son aventure à une autorité locale. Monsieur le maire n’y est pas, l’instituteur et le garde champêtre non plus… Il reste monsieur le curé à qui l’aventurier confie l’espoir d’une richesse colossale en minerai d’or. Le prêtre, après avoir longuement écouté le récit, sur un ton menaçant réplique : « malheureux… ce n’est pas l’or que tu vas faire sortir de sous le caillou… mais le diable et sa ribambelle d’infernaux… ». Le trou fut aussitôt rebouché… mais depuis, on voit toujours l’affaissement à l’emplacement de la cavité. Qui ira réveiller les hordes infernales sous le menhir… ou en revenir riche de l’or des mines romaines du Flat ?
Une étude inachevée
Vue d'ensemble de la route du site du Flat, en 1988
L’association Vaisseau de Sable avait proposé, en 1988, une série de mesures sur le lieu: un nettoyage du site (au bord d’une décharge publique), une remise en état superficielle du sol, un relevé topo en plan et altitude ainsi qu’une situation astronomique universelle, un dossier photographique complet (y compris infrarouge) et une recherche documentaire étendue également au domaine des traditions et légendes se rapportant au site. Inutile de dire, qu’à part l’attention amicale et les encouragements de Michel Fropier, architecte du Parc Naturel Régional du Pilat, les efforts de cette association restèrent sans suite. C’est donc sans appui d’aucune sorte que quelques travaux de repérages furent toutefois entrepris à titre privé.
Nous joignons pour information les pages 13, 14, 15 et 16 du bulletin n°1 de l’association VdS, concernant les démarches et les relevés opérés sur une face du menhir comportant une gravure de ‘couteau antique’. A l’époque, un moulage de cette gravure avait été fait et nous le conservons toujours à toutes fins utiles.
Il faudra attendre le bulletin suivant de 1989 pour trouver la suite et fin des observations à propos d’une forme de visage ‘dessiné’ sur la face ouest du mégalithe, donc sur le côté opposé au ‘couteau’. Nous donnons copie des pages 29 et 30 de ce bulletin n°2 de VdS afin que le lecteur puisse prendre connaissance de ce qu’il en était peu avant 1990… et ce qu’il en est s’il visite le lieu aujourd’hui.

Trois enceintes et un mégalithe
Visage au centre du menhir (infra-rouge)
C’est du calvaire, près de la route, que l’on peut voir le site dans son ensemble : le mégalithe et le tumulus qui le supporte, ainsi que les restes de la triple enceinte qui l’entourait à l’origine. Depuis ce calvaire, à aucun moment le menhir n’échappe à notre regard. Il semble là pour nous guider et nous attirer vers lui, depuis des temps immémoriaux, avec une force invisible échappant à la raison.
Dans le dernier méandre du chemin, à gauche, des éboulis pierreux nous rappellent la présence des légendaires mines d’or romaines.
Nous entrons rapidement dans ce qui reste de la première enceinte et qui disparaît sous la végétation… et la déprédation des hommes. Il y a encore une vingtaine d’années, on trouvait par endroit, à moindre profondeur, une terre noirâtre témoignant la présence de foyers ponctuels ou de dépôts de cendre rituels déposés dans cette première enceinte défensive ou à but sédentaire. Les vestiges de ce premier périmètre étaient, il y a encore une trentaine d’années, délimités de loin en loin par d’étranges amandes rocheuses du même type que celles encadrant l’antique chemin des Roches de Merlin…
En poursuivant notre progression, on atteint la seconde enceinte, plus nettement attestée par une structure de roches bien alignées selon un tracé… du moins si l’on en croyait ce qu’il restait encore en place… et qui n’existe pratiquement plus maintenant, plus en raison des pillages incessants que des assauts patients de l’érosion naturelle.
On accède enfin à la dernière partie du site par un étroit passage entre plusieurs gros blocs rocheux. Ce périmètre semble réservé exclusivement au menhir lui-même. Cependant, en contrebas, du côté ouest, se trouvaient plusieurs ‘tombelles’. Nous avons pu, vers 1970, en voir une totalement éventrée lors des labours envahissant de plus en plus le site (débris d’ossements, dents et éclats de poteries grisâtres).
Le mégalithe est un bloc granitique local, massif et grossièrement retaillé par endroit. Planté sur son tertre, il domine l’ensemble du lieu de sa masse imposante. Il est possible également qu’il ait été érigé de nombreux siècles après l’édification des enceintes dont il occupe le centre.
Le menhir du Flat est également le point focal de plusieurs ‘glissières’ profondes taillées dans la roche servant de base au tumulus central. Ces gorges sont remarquables par leurs longueurs inhabituelles et nous reviendrons bientôt sur une possible interprétation de leurs fonctions sur ce site.
Côté couteau du menhir - au loin le village de colombier (infra-rouge)
Quelles croyances pouvaient présider à la mise en place de ce site et selon quels critères ? Que pouvaient représenter cet ensemble pour ceux qu’on appelle « les constructeurs de mégalithes » ? Une première manifestation tangible du désir de tendre vers les cieux, les étoiles, les astres sacrés de la nuit et la lumière ? L’usage d’un réceptacle des forces vives de l’Univers, des puissances génératrices et vivifiantes de la Terre Mère ? L’espoir de lancer dans le temps un message confié à la solidité du granit ? Nul n’en sait rien, mais, faute de connaissances précises, ne commettons pas l’erreur de nier à ces ancêtres de l’humanité une certaine culture, ou même la maîtrise de certaines sciences. Songeons pour cela à la nécessaire organisation technique et sociale que suppose le phénomène mégalithique…
André Douzet
Les documents joints sont extraits des bulletins 1 et 2 de l’association Vaisseau de Sable. Reproduction interdite sans autorisation.